• Un réseau transformé par la montée en puissance des gaz verts

Le développement des gaz verts est un levier majeur de la transition énergétique.
GRDF accompagne cette dynamique dans un contexte de forte croissance : plus de 700 sites de méthanisation sont déjà raccordées aux réseaux, et plus de 1 500 sont attendues à l’horizon 2030.
Cette évolution transforme en profondeur l’exploitation du réseau. Au fonctionnement historiquement linéaire, où le gaz descendait du réseau de transport vers les clients via la distribution, succède un système plus complexe, intégrant de nombreux points d’injection ainsi que des rebours distribution/transport pour comprimer les excédents de gaz vert vers le réseau de transport.
La principale difficulté réside dans le décalage entre une production continue, peu modulable et marquée par une forte inertie biologique, et une consommation très saisonnière, qui peut être cinq fois plus élevée en hiver qu’en été selon les territoires.
Dans ce contexte, l’exploitation dynamique du réseau devient indispensable pour favoriser l’injection de gaz renouvelable, mieux piloter les flux et tirer le meilleur parti des actifs existants.

  • Réduire les émissions grâce à une exploitation optimisée

GRDF s’est fixé l’objectif de diviser par deux les émissions liées à ses activités d’ici 2030 par rapport à 2009.
La baisse de pression sur les réseaux constitue l’un des leviers identifiés pour limiter les émissions de méthane.
Elle doit toutefois s’appuyer sur des schémas d’exploitation optimisés, afin de garantir la sécurité, la qualité d’alimentation et la performance globale du réseau.

  • Développer des nouveaux modèles de prévision de consommation

GRDF a développé des nouveaux modèles de prévision de consommation pour les gros clients à l’aide de machine learning à partir des historiques de consommations.
Des modèles de prévisions spécifiques ont été élaborés en tenant compte des prévisions météorologiques de Météo France pour faire des prévisions de consommation à un mois.
Ces nouveaux modèles seront réactualisés régulièrement et permettent de diviser par 3 les écarts de prévision.

  • Mettre en place une aide à la décision pour l’optimisation des schémas d’exploitation

GRDF et le CEA ont développé des algorithmes capables de définir des schémas d’exploitation optimaux sur des réseaux complexes.
Leur objectif est double : maximiser le débit injecté de biométhane et abaisser les pressions afin de réduire les émissions de méthane.
Ces algorithmes déterminent les réglages des différents postes alimentant une zone de consommation. Ils permettent de favoriser l’injection de gaz verts en abaissant autant que possible la pression sur le réseau, tout en garantissant une pression suffisante en chaque point et en optimisant le stock en conduite.
Ce partenariat de recherche avec le CEA a permis de valider l’approche sur des premiers cas d’usage représentatifs et d’en démontrer la pertinence.
Fort de ces résultats, GRDF conduit désormais les développements nécessaires à leur passage à l’échelle industrielle, afin de couvrir la diversité des configurations rencontrées sur son réseau.
Après plusieurs mois de recherche et développement, GRDF engage l’industrialisation de ces fonctionnalités, qui seront mises à disposition des équipes en charge des études, de la planification et de la gestion des flux via un nouveau système d’information.

  • Une infrastructure prête pour l’injection des gaz verts

En coordination avec NaTran et TEREGA, GRDF adapte les infrastructures à l’injection des gaz verts et accompagne l’évolution de ses métiers grâce à de nouvelles compétences et de nouveaux outils.
Le réseau de distribution, complété par les adaptations déjà engagées — maillage et rebours distribution / transport —, permet ainsi d’intégrer le gaz vert sur la quasi-totalité des zones. Seule une dizaine de secteurs très localisés nécessite encore des travaux complémentaires, pour lesquels les études et réalisations sont en cours.

Article rédigé par Arnauld Vandycke