Récemment élu à la présidence de la Commission Distribution de France gaz, Khamis Souidi partage sa vision des évolutions du métier de distributeur, des priorités de la filière et des travaux qui animeront la Commission dans les prochains mois.

Vous venez de prendre la présidence de la Commission Distribution de France gaz. Quel regard portez-vous sur les évolutions du métier de distributeur à horizon 2030 voire 2035 ?

Le métier de distributeur connaît aujourd’hui l’une des transformations les plus importantes de son histoire. À l’horizon 2030-2035, les réseaux ne seront plus seulement des infrastructures d’acheminement ; ils seront un levier essentiel de la transition énergétique.

Les distributeurs devront intégrer des volumes croissants de gaz renouvelables, notamment le biométhane, tout en poursuivant la modernisation des réseaux grâce au numérique et à une exploitation toujours plus performante.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte exigeant : adaptation des usages énergétiques, maîtrise des coûts, résilience des infrastructures et attentes croissantes des territoires. Le défi sera de concilier sécurité, décarbonation et compétitivité.

Je suis convaincu que les réseaux gaziers constituent un atout stratégique pour réussir la transition énergétique. Notre responsabilité est de les faire évoluer pour répondre aux nouveaux enjeux énergétiques, tout en conservant les exigences de sécurité, de performance et de proximité qui font leur valeur au quotidien.

Les distributeurs ont ainsi un rôle déterminant à jouer dans la construction d’un système énergétique plus durable, plus flexible et plus souverain.

Dans ce cadre, quelles sont selon vous les priorités pour les distributeurs ?

La première est la performance industrielle. Les distributeurs doivent continuer à garantir un haut niveau de sécurité, de qualité de service et d’efficacité opérationnelle.

La deuxième priorité est l’accélération de la décarbonation des réseaux. Cela passe par le développement du biométhane, l’accompagnement des projets territoriaux et la préparation des infrastructures aux futurs gaz renouvelables et bas carbone.

La troisième est l’ancrage territorial. Les distributeurs doivent travailler étroitement avec les collectivités, les producteurs, les industriels et l’ensemble des acteurs locaux afin de répondre aux besoins spécifiques de chaque territoire.

À ces priorités s’ajoute un enjeu transversal : l’attractivité des métiers et le développement des compétences nécessaires aux réseaux de demain.

Quels seront les principaux sujets de travail de la Commission Distribution dans les prochains mois ?

La Commission Distribution a pour vocation d’être un lieu d’échanges, de réflexions et de propositions au service de la filière.

Ses travaux porteront principalement sur :

  • la sécurité, la résilience et la cybersécurité ;
  • l’intégration des gaz renouvelables dans les réseaux ;
  • l’adaptation aux évolutions des usages ;
  • la compétitivité et la performance des réseaux ;
  • le partage des bonnes pratiques entre distributeurs ;
  • l’attractivité des métiers et l’évolution des compétences.

Mon ambition est que la Commission soit une force de proposition reconnue, capable d’anticiper les évolutions du secteur et d’accompagner les distributeurs dans les défis qui les attendent, au bénéfice des consommateurs, des territoires et de la transition énergétique.