Vous avez été nommée Présidente du groupe KEON en octobre, après un parcours engagé chez GRDF, Engie Solutions et Idec (ENR). Qu’est-ce qui vous a motivée à rejoindre cette aventure et quelles sont vos priorités pour les prochains mois ?
Rejoindre KEON a été un vrai choix de cœur et de conviction. Après un parcours riche dans les ENR, revenir au biogaz — une filière que je connais profondément et qui a tant de sens pour les territoires — s’est imposé naturellement. Ce qui m’a attirée, c’est la force du modèle co‑actionnarial de KEON : un modèle juste, robuste et durable, qui crée de la valeur là où les projets naissent.
Dans les prochains mois, ma priorité est claire : faire connaître et déployer ce modèle auprès d’un maximum de porteurs de projets — collectivités, agriculteurs, syndicats d’énergie — parce qu’il fonctionne et qu’il rassure. Et en parallèle, continuer de faire grandir nos filiales de services, NASKEO, SYCOMORE, TEIKEI et CAPCOO, qui sont le cœur battant de la performance et de la pérennité de nos unités.
Je suis profondément engagée pour que KEON reste un acteur utile, crédible et ancré dans les territoires. C’est pour cela que je suis venue, et c’est ce qui me porte chaque jour.
KEON connaît une croissance soutenue en France et à l’international : après une levée de 40 M€ en mai 2025 (après 30 M€ en 2022), vous poursuivez votre expansion au Québec avec Keridis BioEnergie et prévoyez deux unités d’ici 2027. Comment abordez-vous cette phase de montée en puissance et quels sont vos principaux leviers pour réussir ?
Cette phase de montée en puissance, au Québec mais aussi en Europe, nous la vivons comme une vraie réussite. C’est l’aboutissement du pari audacieux que nous avons fait il y a quatre ans : exporter notre savoir‑faire et notre modèle co‑actionnarial à l’international. Keridis BioÉnergie, c’est avant tout une conviction : notre modèle est particulièrement adapté aux réalités de la filière biogaz, et nous avons la responsabilité — en tant que pionnier — de le partager avec nos partenaires et les territoires qui ont envie de construire une filière durable.
L’alliance avec Viridis et le fond FTQ au Québec illustre parfaitement cela : unir nos expertises, mettre la transformation locale des gisements au cœur du projet, et construire deux unités d’ici 2028 en garantissant un impact positif, concret et mesurable pour les communautés.
Pour réussir cette nouvelle étape, nous nous appuyons sur deux leviers essentiels :
- Notre expérience : vingt ans de méthanisation, près d’une centaine de sites construits ou opérés, une exigence technique éprouvée. Avec NASKEO.INC, nous travaillons main dans la main avec les acteurs locaux en apportant ce qui fait notre force : une ingénierie solide, des standards maîtrisés et une connaissance fine des équipements clés.
- Nos valeurs : le collectif, en associant toutes les parties prenantes ; l’agilité, indispensable pour s’adapter aux réalités de chaque territoire ; et l’innovation, pour apporter ce qui se fait de mieux dans la filière biogaz.
C’est cette combinaison — l’expérience et les valeurs — qui nous permet d’aborder cette croissance internationale avec ambition, confiance et beaucoup d’enthousiasme.
KEON compte aujourd’hui 29 actifs en portefeuille dont 14 en opérations, 4 en construction et 11 en développement. La production passera de 350 à 400 GWh en 2026 et vous visez 1,3 Twh d’ici 2030. Comment souhaitez-vous accélérer ces dynamiques ?
Nous avons aujourd’hui 29 actifs en portefeuille, dont 14 en exploitation, 4 en construction et 11 en développement. Nous avons une 60 de projets complémentaires dans le pipe. La production va passer de 350 à 400 GWh en 2026 et nous visons 1,3 TWh d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif ambitieux, notre stratégie est très claire : accélérer sans jamais dégrader notre exigence ni notre modèle.
La priorité, c’est d’amplifier ce qui fait notre force :
- notre modèle co‑actionnarial, qui rassure les porteurs de projets et sécurise la performance des unités sur le long terme ;
- Des équipes de développement, investissement et pilotage de la production au sein de KEON qui se renforcent et maîtrisent l’ensemble de la chaine de la valeur
- la qualité de nos services qui garantissent la maîtrise technique, le sourcing en biomasse pertinente.
Nous allons aussi accélérer la transformation de notre pipeline, en nous appuyant sur une présence territoriale renforcée, sur des partenariats structurants et sur une capacité accrue à accompagner les collectivités, les agriculteurs et les syndicats d’énergie dans leurs projets.
Enfin, nous allons continuer à porter haut notre promesse industrielle : construire et opérer des unités robustes, performantes et parfaitement intégrées dans leur territoire. C’est cette combinaison — un modèle solide, des équipes expertes et une vision de long terme — qui nous permettra d’atteindre 1,3 TWh à horizon 2030. Et nous avons l’énergie, l’expérience et l’envie pour y arriver.